Opération d'une hernie de l’aine
Je vais être opéré d’une hernie de l’aine
L’opération permet de réintégrer le contenu herniaire et de renforcer la paroi abdominale. La cœlioscopie est aujourd’hui une technique à privilégier lorsqu’elle est adaptée à votre situation.
En France, au cours des dix dernières années, environ 130 000 à 150 000 interventions pour hernie de l’aine ont été réalisées chaque année : 50 à 55 % par chirurgie ouverte et 40 à 45 % par cœlioscopie. La chirurgie robot-assistée reste encore minoritaire, autour de 3 à 5 %, et concerne notamment des situations plus complexes ou récidivantes. La tendance actuelle est toutefois clairement au développement des approches mini-invasives, cœlioscopiques ou robotiques.
Votre chirurgien vous explique le choix de l’intervention et les suites à prévoir [1, 2, 3].
Comprendre la hernie de l’aine
Une hernie apparaît lorsqu’une partie du contenu de l’abdomen, par exemple de la graisse ou de l’intestin, passe à travers une zone de faiblesse de la paroi abdominale. Elle peut former une tuméfaction au niveau de l’aine, plus visible debout ou lors d’un effort, et provoquer une gêne ou une douleur. Les hernies de l’aine comprennent les hernies inguinales et les hernies crurales, aussi appelées fémorales [4, 5].
Quand envisager une opération
Une intervention est généralement proposée lorsque la hernie est symptomatique, i.e. douloureuse, gênante ou bien lorsqu’elle augmente de volume. Chez certains hommes ayant une hernie inguinale peu ou pas symptomatique, une surveillance peut être discutée avec le chirurgien. Cette possibilité ne s’applique pas de la même façon aux hernies crurales, dont le risque de complication est plus élevé [2, 4].
Si la tuméfaction devient brutalement et intensément douloureuse, sans amélioration, et si la douleur est associée à des nausées ou des vomissements, il est nécessaire de consulter en urgence. Il peut s’agir d’un étranglement de la hernie, qui nécessite une prise en charge rapide. Appelez le 15 ou le 112 en cas de symptômes sévères [5].
La cœlioscopie et la chirurgie ouverte
La cœlioscopie permet d’opérer à travers de petites incisions, à l’aide d’une caméra et d’instruments fins. Elle réduit le risque de douleurs postopératoires et de douleurs chroniques par rapport à la technique ouverte de Lichtenstein, et favorise une récupération plus rapide. Elle est également particulièrement adaptée aux hernies bilatérales, au sujet sportif, et au sujet jeune de manière générale [1, 2].
La chirurgie par un abord direct consiste, elle, à réaliser une incision au niveau de l’aine. La technique de Lichtenstein est l’une de ces méthodes. Elle conserve une place lorsque la cœlioscopie est moins adaptée, notamment selon vos antécédents de chirurgie du bassin, les caractéristiques de la hernie ou la possibilité de réaliser une anesthésie générale. Le choix est discuté avec vous [1].
Dans ces deux cas, la réparation pariétale consiste à intégrer une prothèse venant renforcer la paroi.
En cas de récidive, la technique dépend de l’opération précédente : après une réparation ouverte antérieure, une approche postérieure, souvent par cœlioscopie, est généralement recommandée ; après une réparation par cœlioscopie, une approche ouverte antérieure est généralement privilégiée [2].
Le déroulement de l’intervention
Le chirurgien réintègre le contenu herniaire dans la cavité abdominale, puis renforce la zone de faiblesse à l’aide d’une prothèse. Celle-ci renforce la paroi et réduit fortement le risque de récidive. Elle est destinée à rester en place à vie. Dans certaines situations, une réparation sans prothèse peut être envisagée, avec un risque de récidive plus élevé à prendre en considération [2, 3, 4].
La cœlioscopie nécessite une anesthésie générale. A l’inverse, une intervention par abord direct peut être réalisée sous anesthésie locale, locorégionale ou générale. L’anesthésiste et le chirurgien déterminent avec vous la solution la plus adaptée à votre santé et à l’intervention [3, 4].
L’opération est souvent réalisée en ambulatoire : vous rentrez chez vous le jour même si votre état le permet et si le retour à domicile est organisé. Une hospitalisation peut être nécessaire selon votre situation, notamment en cas d’urgence [3].
La récupération après l’opération
Des douleurs ou une sensation de tiraillement peuvent survenir dans les premiers jours. Des médicaments sont prescrits pour les soulager. Des bleus (ecchymoses) ou un gonflement local peuvent également apparaître [3, 4].
Le lever et la marche sont encouragés précocement, notamment en cas de protocole Récupération Améliorée Après Chirurgie (RAAC). Reprenez progressivement vos activités selon votre confort et les consignes de l’équipe. La reprise du travail, de la conduite, du sport et du port de charges dépend de l’intervention, de votre récupération et de vos activités habituelles. Il n’existe pas de délai unique pour tous les patients mais il est généralement recommandé d’éviter le port de charge lourde pendant les 2 à 3 premières semaines post-opératoires [2, 3] quelle que soient les voies d’abord chirurgicales concernées.
Les risques et les signes à surveiller
Comme toute intervention, cette chirurgie comporte des risques : saignement ou hématome, infection, difficulté à uriner et, plus rarement, lésion d’un organe ou d’un vaisseau. Des douleurs persistantes et une récidive de la hernie restent possibles, quelle que soit la technique. Votre chirurgien vous informe des risques propres à votre situation [2, 4].
Après l’opération, contactez l’équipe en cas de fièvre, de douleur qui augmente ou résiste au traitement, de rougeur importante, d’écoulement de la cicatrice ou de difficulté à uriner. Une douleur thoracique ou un essoufflement brutal justifie un appel immédiat au 15 ou au 112. Signalez aussi toute douleur qui persiste ou gêne vos activités lors du suivi [3, 4].
Cette fiche concerne l’adulte. Elle complète les informations de votre équipe soignante et ne remplace pas une consultation. La prise en charge d’une hernie chez l’enfant est différente.
Sources :
[1] Stabilini C et al. Update of the international HerniaSurge guidelines for groin hernia management. BJS Open. 2023;7(5):zrad080. https://doi.org/10.1093/bjsopen/zrad080
[2] HerniaSurge Group. International guidelines for groin hernia management. Hernia. 2018;22:1–165. https://doi.org/10.1007/s10029-017-1668-x
[3] Assurance Maladie. Hernie inguinale de l’adulte : la chirurgie et les suites opératoires. Mise à jour du 8 juin 2026. https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/hernie-inguinale-adulte/traitement-suites-operatoires-adulte
[4] Fédération de chirurgie viscérale et digestive. Fiche d’information sur la hernie de l’aine. Version consultée sur le site de la SFCE. https://www.lasfce.com/uploads/files/Fiche%20information%20Hernie%20FCVD.pdf
[5] Assurance Maladie. Reconnaître une hernie inguinale de l’adulte. Mise à jour du 5 novembre 2024. https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/hernie-inguinale-adulte/reconnaitre-hernie-inguinale
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